Un peu de rien.

Poésie, Désir. Plaisir.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » - Lavoisier.

Mr Mojo Risin.

Good luck.

Manifestation

Le temps vole, volage

Tic tac condensé dans une boîte

Toc concentré dans une tête

Et le bruit rouge partout

Embête

 .

Volage, vole, du cœur, encore

DU CORPS, ENCORE.

de l’âme doucement, bien.

Bon

 .

Chamboulement, dans les rues

Artères vivantes, bien. Bonnes.

Faim d’Extase,

ton bruit bouge partout

Bouillant dans mes veines

 .

On ne finit jamais ce qu’on entreprend.

Avec toi. Le temps est volage du cœur à l’avenir.

Vite, reprends l’artère ardente.

Et recommence. En Chœur.

Sans A - Le vent du métro

Des années lumières

Et la douleur

Que j’espérais

Encore sur mon flanc

Reste plantée dans mon cœur

.

Avec toi, le temps passe comme

Des années lumières

Et sans ses mots et tes mains et tes lèvres et tout

Les secondes sont comme des cris

Qui me transpercent

Qui nous guettent

Qui me blessent

Maladie à feu doux

On voit juste cette masse épaisse
Il y a toute une fille en graisse
Un manteau de chair
Des os complètement recouverts
.
Sa tête virée en arrière
Elle essaie de se taire
Les pensées bien à l’envers
Elle essaie de s’faire misère
.
Les yeux à moitié ouverts
Le derrière planté par terre
Elle inonde
Il pleut bergère
.
Toujours bien recouvert
Faudrait qu’l’hiver passe
Pour que fonde la grasse
Et que s’étiole sa masse

Elle laissera pas de traces
La maladie qui t’embrasse
Elle laissera aucune trace
T’auras plus aucune masse
.
En fait, la grasse
C’est un amas de crasse
Vidée, elle n’prendra plus de place
.
Elle laissera  pas de traces ?
Y’a celle-la qui s’entasse
Si c’est pas une craque
Et là une flaque
J’comprends pas pourquoi elle te laisserait des marques

—-

L.B - Mai 2011 (Je suis en train de la faire en chanson, joie.)

Les passages

Enfonce tes doigts à travers mon corps
Je suis à toi, je t’écoute pour toujours
Je suis contre toi et je t’aime à contre-jour
Les lignes de ma silhouette se cambrent sous tes griffes
.
Ressens ma voix dans tes veines
Je souffle pour toi et je crie mon souffle
J’halète et je quémande une seule chose
Que tu t’infuses à travers moi
.
Parce que dans mes pensées, je suis voilée
Quand je sors les maux de mes lippes
Des parcelles s’éclipsent et sombrent
Chez toi, l’aveugle, en toi qui regarde mes morts
.
Ton index dans mon coffre, perçant, percé
Mon pouls affolé par les choses qui se suivent
Mon thorax qui s’essouffle et qui perd le fil
Ta main sur la mienne, elle se crispe sans savoir
.
Perdre le fil c’est chuter d’une vie à une autre
C’est perdre ses envies pour des plus éloignées
Des désirs meurtris pour les seuls.
Le givre les ayant figés pour les esseulés.
.
Des envies perdues que les autres ne veulent plus
Se jeter, atteindre le fond de la chute. S’engouffrer
Ne plus y voir sombre sur les pages, ne plus y avoir mots
Les mots, mes noirceurs sur les blancs immaculés.

L.B - Aujourd’hui

“La vie n’est pas tout ce que tu crois. La vie change.”

Selon le mythe de Sisyphe d’Albert Camus

1. L’être humain est un être absurde.
2. L’être humain est un être tragique.
3. L’être humain est un être qui peut être heureux.

(Source : )

(Source : addictionsandpoetry)

Des Rivages

Ce soir, la nuit, je suis la baleine échouée sur le bord de mer. Je n’ai pas atteint le fond et je ne peux pas voler jusqu’au ciel. Je suis celle qui ne peut plus bouger. Et, je meurs. Tranquillement, je meurs. Sans comprendre, je meurs.

J’ai envie de beugler que je me noie, mais ce serait trop beau. Une baleine qui se noie.

Je suis le coeur des gens perdus, et c’est beaucoup dire. Le sable, seul. Le sable sur la plage tellement esseulé dans son union de sable.

La mer belle, la société. Le vent qui pousse la mer, le sable qui la retient. Et si j’avalais un peu de mer et un peu de sable moi aussi ? Pour être ailleurs qu’en train de sécher et pour m’évader enfin, cette fois, pour de vrai. Pour me perdre ailleurs qu’ici : je n’ai jamais appris à respirer.

La baleine qui voulait mourir noyée parce que la vie n’était pas assez pour vivre.

La grasse matinée

Il est terrible
le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim
elle est terrible aussi la tête de l’homme
la tête de l’homme qui a faim
quand il se regarde à six heures du matin
dans la glace du grand magasin
une tête couleur de poussière
ce n’est pas sa tête pourtant qu’il regarde
dans la vitrine de chez Potin
il s’en fout de sa tête l’homme
il n’y pense pas
il songe
il imagine une autre tête
une tête de veau par exemple
avec une sauce de vinaigre
ou une tête de n’importe quoi qui se mange
et il remue doucement la mâchoire
doucement
et il grince des dents doucement
car le monde se paye sa tête
et il ne peut rien contre ce monde
et il compte sur ses doigts un deux trois
un deux trois
cela fait trois jours qu’il n’a pas mangé
et il a beau se répéter depuis trois jours
Ça ne peut pas durer
ça dure
trois jours
trois nuits
sans manger
et derrière ce vitres
ces pâtés ces bouteilles ces conserves
poissons morts protégés par les boîtes
boîtes protégées par les vitres
vitres protégées par les flics
flics protégés par la crainte
que de barricades pour six malheureuses sardines..
Un peu plus loin le bistrot
café-crème et croissants chauds
l’homme titube
et dans l’intérieur de sa tête
un brouillard de mots
un brouillard de mots
sardines à manger
oeuf dur café-crème
café arrosé rhum
café-crème
café-crème
café-crime arrosé sang !…
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
l’assassin le vagabond lui a volé
deux francs
soit un café arrosé
zéro franc soixante-dix
deux tartines beurrées
et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.

Jacques Prévert

(Source : garp.feelingsurfer.net)

Voguons fleuve voguons ardent

Je ne suis pas le ciel. Je ne suis pas la mer, mais une chose est sûre.

Si, toi, tu l’es, viens me voir. On verra ce qu’on peut te faire surgir des entrailles. On verra si ça en vaut la peine, si tes ailes sont des aigles et si tes flots sont tes pleurs. Pour l’instant, personne ne sait ce que le vent amènera : une brise énorme hurlante ou un frêle typhon chuchotant. Moi-même ne sait rien. À tout moment, si tu viens, emporte-moi avec toi. Laisse-moi voir ton lapis-lazuli, ton azur, ton céruléen, ton cobalt. Ta chair outremer. Embrasse-moi de tes bras, avale-moi toute entière. Dans les airs. Dans les mers. Vole-moi. Noie-moi. Fais-moi croire les pires marées. Les pires bourrasques et avance-toi à moi.

Ne me laisse plus attendre. Je ne suis pas le ciel, ni la mer, mais tu l’es.

Madame a eu Chose éternellement vide

Elle est cette fille qui a tout et qui a rien,

Qui veut tout et qui veut rien

Elle veut tout ou rien

Quand elle a tout,

Elle veut rien.

Quand elle a rien,

Elle veut tout.

Elle est humaine.

Bref,

Il y a cette fille qui a rien,

Un soir dans ses mains.

Elle lui dit, à sa chose,

Qu’elle la veut

En entier,

Au complet.

La chose hoche sa tête.

La chose ne prononce pas un mot, hoche la tête, écoute.

Le machin ne sait visiblement pas quoi faire, pas quoi dire.

Le truc reste immobile et silencieux. Silence.

Dès que la fille se déplace,

Pour laisser sa chose tranquille,

Elle sent un malaise profond l’envahir.

Elle se rend compte que son bidule est

Un éternel vide.

La fille voulait un vide éternel en entier.

L’humaine dans toute son humanité laisse la chose au sol.

La fille dans toute son humanité se sent seule.

L’humaine dans toute sa solitude se sent vide.

La fille a laissé un vide qui lui faisait plein

Pour retrouver un vide qui lui faisait rien.

Un Navet Noir

Un délire

Je déchire

Une peine

J’arrive

Je dérive

Ah

Je n’ai jamais pu croire

Que dans ton esprit

Tes ongles Noirs

Coupés en fuseau

Me faisaient boire

Me faisaient placebo

Je n’ai jamais pu croire

Que dans ta folie

Une façon de boire

J’arracherais un sanglot

Il n’a pas de Mauvais

Je vois des mots

Je vais

Mauvais mots

Suivais trop

En maux, je vais

Faire

Un vrai navet.

L’entreporte

Des fois, j’essaie d’ouvrir la porte sans la regarder.

Elle est entrouverte, mais pas assez, vous comprenez.

En ne fixant que le miroir en face, je pousse et je pousse.

C’est lourd, c’est dur. Moi, je ne comprends pas. Elle est entrouverte.

La porte n’est pas assez entrouverte pour que je puisse l’agripper.

Et tout ce que je fais : pousser sur le cadre de morte…porte.

De toute façon, vous ne comprenez pas l’entreporte.