Le temps vole, volage
Tic tac condensé dans une boîte
Toc concentré dans une tête
Et le bruit rouge partout
Embête
.
Volage, vole, du cœur, encore
DU CORPS, ENCORE.
de l’âme doucement, bien.
Bon
.
Chamboulement, dans les rues
Artères vivantes, bien. Bonnes.
Faim d’Extase,
ton bruit bouge partout
Bouillant dans mes veines
.
On ne finit jamais ce qu’on entreprend.
Avec toi. Le temps est volage du cœur à l’avenir.
Vite, reprends l’artère ardente.
Et recommence. En Chœur.
Des années lumières
Et la douleur
Que j’espérais
Encore sur mon flanc
Reste plantée dans mon cœur
.
Avec toi, le temps passe comme
Des années lumières
Et sans ses mots et tes mains et tes lèvres et tout
Les secondes sont comme des cris
Qui me transpercent
Qui nous guettent
Qui me blessent
On voit juste cette masse épaisse
Il y a toute une fille en graisse
Un manteau de chair
Des os complètement recouverts
.
Sa tête virée en arrière
Elle essaie de se taire
Les pensées bien à l’envers
Elle essaie de s’faire misère
.
Les yeux à moitié ouverts
Le derrière planté par terre
Elle inonde
Il pleut bergère
.
Toujours bien recouvert
Faudrait qu’l’hiver passe
Pour que fonde la grasse
Et que s’étiole sa masse
Elle laissera pas de traces
La maladie qui t’embrasse
Elle laissera aucune trace
T’auras plus aucune masse
.
En fait, la grasse
C’est un amas de crasse
Vidée, elle n’prendra plus de place
.
Elle laissera pas de traces ?
Y’a celle-la qui s’entasse
Si c’est pas une craque
Et là une flaque
J’comprends pas pourquoi elle te laisserait des marques
—-
L.B - Mai 2011 (Je suis en train de la faire en chanson, joie.)
Enfonce tes doigts à travers mon corps
Je suis à toi, je t’écoute pour toujours
Je suis contre toi et je t’aime à contre-jour
Les lignes de ma silhouette se cambrent sous tes griffes
.
Ressens ma voix dans tes veines
Je souffle pour toi et je crie mon souffle
J’halète et je quémande une seule chose
Que tu t’infuses à travers moi
.
Parce que dans mes pensées, je suis voilée
Quand je sors les maux de mes lippes
Des parcelles s’éclipsent et sombrent
Chez toi, l’aveugle, en toi qui regarde mes morts
.
Ton index dans mon coffre, perçant, percé
Mon pouls affolé par les choses qui se suivent
Mon thorax qui s’essouffle et qui perd le fil
Ta main sur la mienne, elle se crispe sans savoir
.
Perdre le fil c’est chuter d’une vie à une autre
C’est perdre ses envies pour des plus éloignées
Des désirs meurtris pour les seuls.
Le givre les ayant figés pour les esseulés.
.
Des envies perdues que les autres ne veulent plus
Se jeter, atteindre le fond de la chute. S’engouffrer
Ne plus y voir sombre sur les pages, ne plus y avoir mots
Les mots, mes noirceurs sur les blancs immaculés.
L.B - Aujourd’hui
1. L’être humain est un être absurde.
2. L’être humain est un être tragique.
3. L’être humain est un être qui peut être heureux.
(Source : picasso-marley)
Ce soir, la nuit, je suis la baleine échouée sur le bord de mer. Je n’ai pas atteint le fond et je ne peux pas voler jusqu’au ciel. Je suis celle qui ne peut plus bouger. Et, je meurs. Tranquillement, je meurs. Sans comprendre, je meurs.
J’ai envie de beugler que je me noie, mais ce serait trop beau. Une baleine qui se noie.
Je suis le coeur des gens perdus, et c’est beaucoup dire. Le sable, seul. Le sable sur la plage tellement esseulé dans son union de sable.
La mer belle, la société. Le vent qui pousse la mer, le sable qui la retient. Et si j’avalais un peu de mer et un peu de sable moi aussi ? Pour être ailleurs qu’en train de sécher et pour m’évader enfin, cette fois, pour de vrai. Pour me perdre ailleurs qu’ici : je n’ai jamais appris à respirer.
La baleine qui voulait mourir noyée parce que la vie n’était pas assez pour vivre.
Il est terrible
le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim
elle est terrible aussi la tête de l’homme
la tête de l’homme qui a faim
quand il se regarde à six heures du matin
dans la glace du grand magasin
une tête couleur de poussière
ce n’est pas sa tête pourtant qu’il regarde
dans la vitrine de chez Potin
il s’en fout de sa tête l’homme
il n’y pense pas
il songe
il imagine une autre tête
une tête de veau par exemple
avec une sauce de vinaigre
ou une tête de n’importe quoi qui se mange
et il remue doucement la mâchoire
doucement
et il grince des dents doucement
car le monde se paye sa tête
et il ne peut rien contre ce monde
et il compte sur ses doigts un deux trois
un deux trois
cela fait trois jours qu’il n’a pas mangé
et il a beau se répéter depuis trois jours
Ça ne peut pas durer
ça dure
trois jours
trois nuits
sans manger
et derrière ce vitres
ces pâtés ces bouteilles ces conserves
poissons morts protégés par les boîtes
boîtes protégées par les vitres
vitres protégées par les flics
flics protégés par la crainte
que de barricades pour six malheureuses sardines..
Un peu plus loin le bistrot
café-crème et croissants chauds
l’homme titube
et dans l’intérieur de sa tête
un brouillard de mots
un brouillard de mots
sardines à manger
oeuf dur café-crème
café arrosé rhum
café-crème
café-crème
café-crime arrosé sang !…
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
l’assassin le vagabond lui a volé
deux francs
soit un café arrosé
zéro franc soixante-dix
deux tartines beurrées
et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.
Jacques Prévert
(Source : garp.feelingsurfer.net)
Je ne suis pas le ciel. Je ne suis pas la mer, mais une chose est sûre.
Si, toi, tu l’es, viens me voir. On verra ce qu’on peut te faire surgir des entrailles. On verra si ça en vaut la peine, si tes ailes sont des aigles et si tes flots sont tes pleurs. Pour l’instant, personne ne sait ce que le vent amènera : une brise énorme hurlante ou un frêle typhon chuchotant. Moi-même ne sait rien. À tout moment, si tu viens, emporte-moi avec toi. Laisse-moi voir ton lapis-lazuli, ton azur, ton céruléen, ton cobalt. Ta chair outremer. Embrasse-moi de tes bras, avale-moi toute entière. Dans les airs. Dans les mers. Vole-moi. Noie-moi. Fais-moi croire les pires marées. Les pires bourrasques et avance-toi à moi.
Ne me laisse plus attendre. Je ne suis pas le ciel, ni la mer, mais tu l’es.
Elle est cette fille qui a tout et qui a rien,
Qui veut tout et qui veut rien
Elle veut tout ou rien
Quand elle a tout,
Elle veut rien.
Quand elle a rien,
Elle veut tout.
Elle est humaine.
Bref,
Il y a cette fille qui a rien,
Un soir dans ses mains.
Elle lui dit, à sa chose,
Qu’elle la veut
En entier,
Au complet.
La chose hoche sa tête.
La chose ne prononce pas un mot, hoche la tête, écoute.
Le machin ne sait visiblement pas quoi faire, pas quoi dire.
Le truc reste immobile et silencieux. Silence.
Dès que la fille se déplace,
Pour laisser sa chose tranquille,
Elle sent un malaise profond l’envahir.
Elle se rend compte que son bidule est
Un éternel vide.
La fille voulait un vide éternel en entier.
L’humaine dans toute son humanité laisse la chose au sol.
La fille dans toute son humanité se sent seule.
L’humaine dans toute sa solitude se sent vide.
La fille a laissé un vide qui lui faisait plein
Pour retrouver un vide qui lui faisait rien.
Un délire
Je déchire
Une peine
J’arrive
Je dérive
Ah
Je n’ai jamais pu croire
Que dans ton esprit
Tes ongles Noirs
Coupés en fuseau
Me faisaient boire
Me faisaient placebo
Je n’ai jamais pu croire
Que dans ta folie
Une façon de boire
J’arracherais un sanglot
Il n’a pas de Mauvais
Je vois des mots
Je vais
Mauvais mots
Suivais trop
En maux, je vais
Faire
Un vrai navet.
Des fois, j’essaie d’ouvrir la porte sans la regarder.
Elle est entrouverte, mais pas assez, vous comprenez.
En ne fixant que le miroir en face, je pousse et je pousse.
C’est lourd, c’est dur. Moi, je ne comprends pas. Elle est entrouverte.
La porte n’est pas assez entrouverte pour que je puisse l’agripper.
Et tout ce que je fais : pousser sur le cadre de morte…porte.
De toute façon, vous ne comprenez pas l’entreporte.