Un peu de rien.

Poésie, Désir. Plaisir.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » - Lavoisier.

Mr Mojo Risin.

Good luck.

Le poids sur mes paupières

Il y a ces instants où j’ai envie de transparaître.

Je veux être un fantôme. Disparaître. Je ne sais pas ce qui me prend, comme un choc électrique qui traverse mes entrailles dans une autre réalité. Une réalité vague où je prendrais plaisir à ne plus être, à ne plus chercher, à ne plus comprendre. J’aimerais que le poids pèse sur mes paupières sans arrêt. Que le poids m’écrase pour que je m’allonge et que je ne puisse plus savoir me relever, plus savoir me tenir debout. Le poids d’un somnifère ni meurtrier ni éphémère. Une brique assez lourde pour me faire taire un long moment, puis me faire rugir un bon moment.

Je veux ne plus pouvoir. Je veux ne plus voir. Je veux ne plus avoir. Mais surtout, surtout, je veux ne plus vouloir. 

 Vouloir, c’est lent, c’est capricieux, à la longue c’est étouffant. Étouffant autant pour les autres que pour moi. Quand je peux les voir s’étouffer, je veux qu’il ne s’étouffe plus et puisque le problème vient de mon capricieux vouloir, je n’arrive qu’à les étouffer davantage.

Je me sens grosse et énorme. Je prends beaucoup trop de place. Une éponge dans un bocal d’eau gonfle comme moi dans une conversation existentielle. Je m’épands sans arrêt. Mon corps s’élargit. L’éponge s’écrase sur les parois du verre et le bocal déborde. Mon être écrase tout le monde et la conversation s’affole. Mon être est un être de trop. Il y a ces instants où mon être éclate et que le bocal explose.

Il y a ces instants où j’ai envie de disparaître.